jeudi 26 novembre 2015

Une journée en ville

Nous, campagnardes.
Nous, aimer arbres et brins d'herbe.
Nous, aimer odeurs de bouse et chien mouillé.
Nous, barbares avec nos tâches propres indélébiles, sur nos jeans trop grand La Croix Rouge, et nos cirés éculés.
Nous, pas regarder à nos pieds quand marcher sur trottoir (radar à bouses fonctionner aussi sur crottes de chien).
Nous, faire face à l'adversité, et aller à la grande ville polluée et surpeuplée pour acheter une nouvelle paire de demi-pointes en taille 25. Ou 26, vu comment mioche sauvage plier les orteils dans taille 24. Et puis collant de danse sans pied, et justaucorps en 4-6 ans décent (avec des petites manches quoi)(oui, fines bretelles pas tenir sur frêles épaules de pigeon de la mioche). Et pas roses.


vendredi 20 novembre 2015

Une nouvelle, des nouvelles

Nous voilà rendu à un mois du solstice d'hiver. Après quelques jours de grisaille et de pluie, le besoin de lumière se fait sentir. Les jours sont trop courts, le ryhtme décalé de la mioche du milieu de la matinée à tard dans la soirée réduit encore la durée de notre ensoleillement.

J'ai réalisé quelque chose dans ces 20 premiers jours du mois de novembre, j'ai écrit une nouvelle. Enfin un roman, parce que l'histoire a pris des proportions inattendues (et bienvenues). Ce n'est pas par hasard que je me suis lancée dans l'aventure. Depuis de nombreux mois une idée dormait dans le fond d'une pochette bien rangée sur mon grand bureau. Et puis j'ai pris connaissance du National Novel Writing Month, un grand challenge à l'échelle mondiale, écrire 50 000 mots durant les 30 jours du mois de novembre. Il faut parfois attendre un peu, laisser murir un projet trop flou. Et sauter à pieds joints quand l'occasion se présente, sans hésiter.
Il m'aura fallu 16 jours pour écrire 50 013 mots. Je ne m'arrêterai pas là, mes héros attendant le développement complet par le détail et le menu de toutes leurs aventures, mais je prendrai mon temps, il me faut réécrire des passages entiers (une histoire de contexte initial qui ne m'appartient pas, mais dont je peux à présent m'affranchir), en corriger l'orthographe et la grammaire, travailler mes champs lexicaux. Car pour le NaNo WriMo, on met tout simplement son éditeur intérieur en veille. On le bâillonne, on l'aveugle, on lui bourre les oreilles de persil ou de coton, et on laisse ses mains courir sur le papier ou sur le clavier. Travail assez difficile au début, où on est tenté de se relire pour enregistrer quelque chose de beau. Mais là n'est pas le but du NaNo. Il fallait juste écrire, beaucoup, produire le matériau pour les deux mois de correction (janvier et février).

En voici un extrait, brut de pomme (et presque de saison) :

Il était toujours surpris qu'une si petite maison compta trois cheminées, il se demandait toujours ce qu'il était passé par la tête du grand-père quand il avait construit le cottage. En plus, le toit n'était pas des plus faciles à escalader, un peu arrondi, un peu étroit.

Hippolyte n'oublia pas de remplir les mangeoires de graines et de graisses, et il pouvait passer des heures à observer le ballet des petits oiseaux chanteurs autour de cette manne charitable.

Typiquement NaNoïque, des approximations et des erreurs dans le vocabulaire (manne charitable... hum, "arrondi" pour un toit, gné !), une concordance de temps à vérifier, ce qu'il -> ce qui, etc... La mioche participe au projet en illustrant la première impression du premier brouillon (plus facile à annoter pour ma bêta-lectrice qu'un fichier informatique). 
D'ailleurs, la mioche, elle n'a pas forcément bien vécu ces jours-là, où j'étais ailleurs pour cause de claviotage intense. Le huitième jour, elle a pété une pile, une colère monstrueuse. Mais maman a fait de la résistance, et quand l'imprimante familiale a avalé et recraché feuille après feuille mon histoire, la mioche a compris le pourquoi de tant d'indisponibilité maternelle. "Tu as écrit tout ça ? Mais c'est long !"

J'ai maintenant envie de bricoler de multiples petites choses pour décorer la maison, avec elle. Notre classe atelier a pris ses quartiers d'hiver au rez-de-chaussée, et l'atelier textile attend en grandes souffrances et en cartons d'être réaménagé à l'étage, dans la grande pièce.