samedi 30 avril 2016

Le fortin du bon sens III - Le paradoxe des ponts.

En vrai, je ne vais quasiment plus sur les blogs et les sites brandissant l'unschool en étendard. Sporadiquement, une ou deux fois dans un mois, parce qu'ils ne m'apportent rien dont je ne sois pas déjà convaincue. Perdre mon temps à me rengorger et à enfoncer les portes ouvertes de ma cervelle n'est pas nourrissant.

Au contraire, je confronte chaque jour notre mode de vie à d'autres exemples plus structurés, plus classiques, plus formels. J'y gagne beaucoup, des réponses quand je remet en question mes choix (oui à force de s'interroger on trouve son chemin dans les méandres de sa propre pensée), des techniques supplémentaires qui serviront à La Mioche, ou pas.

Chaque matin, ou presque, je vais magasiner un petit panier de matières à penser.

On n'est pas obligé de faire comme ceux qu'on lit. On n'est même pas obligé d'être d'accord. On n'est même pas obligé de seulement s'en inspirer. Mais lire (ça, c'est presque maladif chez moi) les observations et les recherches de toute la blogosphère ief, parler et commenter spécialement chez ceux qui paraissent les plus différents de soi, c'est jeter des ponts entre les pratiques (et se faire des copinautes* par la même occasion).

Voilà le paradoxe, mais quoiqu'on fasse, jetons des ponts. Parfois, ça fait mal à celui qui le reçoit. Souvent, ça fiche la frousse de lancer un pont, comme ça, dans l'inconnu. Et je ne vous parle pas du pont-boomerang, le plus périlleux.

Vous savez pourquoi il y a un nombre incommensurable de veilleurs sur les remparts du fortin du bon sens ? Parce qu'il y a un nombre incommensurable de ponts tout autour.





* J'adore ce néologisme "copinaute", assez proche de copilote.


jeudi 28 avril 2016

CP1 v1.0 : dessin, lecture, écriture

Je partage notre plan de travail pour la période estivale. Ce n'est qu'un emploi du temps, pas le reflet fidèle de notre vie pleine de lectures offertes, d'expéditions imprévues chez les copains, à la ville pour des grandes courses, les week end de trois jours en reconstitution historique, les jours de tempêtes où sortir les chiennes est déjà un défi en soi, les grands chantiers "la ronde des meubles et on repeint derrière" dans la maison, d'inversion dans les tâches ménagères du jour...


Journal de nature et "Faune" : cahiers H

Lecture : cahier de lecture fait-maison à partir de la méthode Borel-Maisonny

Écriture : fichier d'entrainement fait-maison (générateur de pages lignées )

Les heures dans l'atelier, c'est mon temps de travail professionnel. Libre à La Mioche d'utiliser ce temps comme bon lui semble, dehors ou dans l'atelier, avant d'aller retrouver ses copains après l'école.


Le calcul dans tout ça ? On verra, on verra...



copains sco = les copains du hameau scolarisés au village

dimanche 24 avril 2016

Une réponse

http://lamiocheetcie.blogspot.fr/2016/04/lire-et-ecrire.html

"Acharnement parental ou coup de pouce pour franchir ce cap exaspérant où l'attrait du nouveau langage ne compense plus la fatigue de l'effort cognitif ?"

Coup de pouce.

La Mioche replonge dans l'étude comme sa chienne Jovibarba dans une nouvelle ornière bien boueuse, avec volonté et enthousiasme.

samedi 23 avril 2016

Le fortin du bon sens II - tiens, un OVNI

Jeu de mot un peu pourri au départ*, j'en viens à apprécier ma sortie "nous sommes des punkschoolers", volontairement provocante et un tantinet vulgaire.

En effet, j'en ai un tantinet (et plus) ras la couenne de cette tendance à encastrer les façons d'instruire en famille (ou en milieu scolaire) dans des niches imperméables et étiquetées. Alors je souhaite à mon tour, bien après d'autres (cf blogroll sur le coté gauche), donner un coup de pied dans la fourmillière (pour voir si ça pique).

Nous punkschoolons. Nous punkschoolons parce que légalement, nous avons ce droit. Nous punkschoolons parce que c'est la manifestation de ma certitude que la diversité des moyens d'instruction est la clef de la transmission de notre patrimoine culturel. L'écriture, le calcul, patrimoine. La littérature, les arts, l'histoire, patrimoine. Les sports, les langues, patrimoine. On ne sauvegarde pas des données sur un seul support. Ne transmettons pas notre patrimoine à la génération suivante d'une seule manière.

Nous punkschoolons parce que j'assume de sortir des sentiers battus, parce que j'assume de prendre ce risque qui bouscule les conventions sociales trop molles et consensuelles. Nous punkschoolons parce que j'ai la carrure d'assumer ça face à l'inspecteur de l'académie, parce que je travaille d'arrache-pied sur son langage pour lui expliquer la vie de La Mioche.

Nous punkschoolons, parce que c'est le tout qui considère que chaque partie a sa raison d'être. En clair, je me contrefiche de l'étiquetage "scolaire", "formel", "informel", "bienveillant", "Label Stern" [...] d'une entité qui pourrait passer dans la moulinette cognitive de La Mioche. Cette moulinette, faut l'alimenter, et cette fois, la faim justifie les moyens, et il faut beaucoup de moyens pour rassasier la faim. Nous punkschoolons, parce que nous faisons une vraie leçon de lecture maître-élève sur le coin d'un trottoir, dans un cahier d'écolier. Nous punkschoolons, parce que La Mioche a le droit d'utiliser un langage de charretier, mais que ce n'est pas pour autant qu'elle dit merde à l'épicière. Nous punkschoolons, parce qu'elle pratique le dessin libre depuis hier pour mieux dessiner sur un sujet donné demain.

Nous punkschoolons, enfin, parce que je refuse que les beaux concepts s'endorment sur leurs lauriers.




* punk + unschool = punkschool
Unschool étant le terme anglophone intraduisible qui soit disant s'oppose au concept homeschool (école à la maison).


PS : tel un libre enfant de Summerhill, je viens d'épuiser mon intérêt pour le terme "punkschool". Vous êtes saufs.

vendredi 22 avril 2016

Compter et calculer

La Mioche est calculatrice.

Oui, j'étais un tant soit peu obligée de la faire, celle-ci. Plus sérieusement, la moindre capacité de concentration de La Mioche dont je cause ne semble pas affecter sa propension à tout compter, sa passion pour l'addition, ni (et surtout pas) son enthousiasme à élaborer des stratégies pour résoudre les difficultés techniques dans ses bricolages.

C'est même épuisant.

À partir de trois bouts de carton d'emballage doré, elle réinvente un petit théâtre à l'italienne ou un tableau en relief entre-aperçu sur Pinterest. Elle noue, dénoue, renoue des assemblages suspendus complexes, explore la physique terrestre avec la conscience de mener une expérience dans le but d'observer/interpréter un résultat.

En fait, La Mioche, elle a inventé le mouvement perpétuel de 9h30 à 22h. C'est ça qui est épuisant. Parce qu'en plus, il faut souvent que je regarde (Mamannnnn !), que je participe (Mamannnn...), que je confirme son observation (Mamannn ?), que je lui sauve la mise (MAMAAAAAAAANNNNN)...
 
Donc je démonte un mythe de l'unschool à la barre à mine : non l'enfant ne mène pas seul ses apprentissages. Il tient ABSOLUMENT à en faire profiter le public.

Lire et écrire

Ces derniers temps, La Mioche virevolte du ciboulot, survole un peu tout sans grande concentration. Passade printannière ou mauvaise habitude en cours d'ancrage ?


1. Lire

Plus de travaux spontanés en lecture, ça me chiffonne, bien qu'à cinq ans, ce soit sans grande importance. Mais ça me chiffonne tout de même, parce que ce n'est pas le genre de La Mioche.
On introduit donc la lecture (déchiffrage du code, du mot entier et du sens + application spontanée du mot dans un contexte) quotidienne d'une poignée de mots ou d'une phrase, introduisant ponctuellement de nouveaux graphèmes.

Quelques exemples :

ami
sur
jour
fou
Milou

Le chat va à la chasse.

un rat
brun
un mur
un fil
un iris

amour
mère
fille
famille

Ça y est, aujourd'hui, je retrouve une Mioche capable de se centrer sur une lecture jusqu'au bout. (À part ça, elle dévore livres et revues, BD et illustrés, pendant des heures, aussi bien sur le canapé qu'assise sur le froid carrelage d'une grande surface au rayon librairie.)

2. Écrire

La Mioche dessine tous les jours, écrit des suites de lettres. Mais le tracé ne se précise pas, et il y a même moins d'application dans le geste. Charlotte Mason étant passée par là, il n'est pas pensable pour moi de laisser la mauvaise habitude s'ancrer. Alors on reprend dès demain le suivi maternel de l'exercice graphique, une phrase quotidienne écrite par la mère sous la dictée par La Mioche puis recopiée par cette dernière accompagnée de la correction de la première.



Acharnement parental ou coup de pouce pour franchir ce cap exaspérant où l'attrait du nouveau langage ne compense plus la fatigue de l'effort cognitif ?


mardi 19 avril 2016

PISTES Pour découvrir la nature avec les enfants



"Animateurs, parents, enseignants, curieux de nature : ce guide vous offre toutes les pistes pour amener les enfants dehors."

Ainsi commence la quatrième de couverture.

Espinassous nous livre ici ses idées brutes sans détour ni superflu linguistique pour transmettre* les connaissances d'un amoureux de la nature à un naturaliste en herbe. Et ce sur une trois cent trentaine de pages. Ce livre est dense, la mise en page sobrissime mais reposante, les illustrations empreintes de la même simplicité que la prose qu'elles accompagnent. Nourriture sans additif pour cervelle de guide nature.

On pourrait renommer l'ouvrage "Manuel pratique des SVT sur le terrain." S.V.T. : Sciences et vie de la Terre, pour les intimes. Ça englobe la découverte du monde des petits, la science naturelle des anciens, et en fait je ne sais même pas comment l'éducation nationale a renommé ça dans ses nouveaux programmes.

Bref, autant dire que ce livre là, ce n'est même pas la peine que je lui trouve (à grand peine) un espace dans la bibliothèque, il a sa place attitré sur mon bureau. Ce n'est pas un livre à embarquer dans une sortie. C'est un bouquin à potasser pour les balades quotidiennes, une sortie, un projet, préparer l'avant, le pendant, et l'après, entre la carte IGN, l'agenda, le bulletin météo et les guides du naturaliste Delachaux et Niestlé.







* Je l'ai casé, oui oui et triple oui ! Transmettons, tout ce que nous pouvons !




lundi 18 avril 2016

Un pas après l'autre



Vous venez de reléguer l'Everest à la seconde place. Et je vous en remercie, parce qu'à l'allure chaotique où je publie mes billets, vous, lecteurs, z'avez le cran de me suivre.




Un pas après l'autre, nous cheminons sur notre bonhomme de chemin. Hier, j'ai ouvert le dossier de création d'auto-entreprise. Aujourd'hui, après une gelée matinale, nous sortons les semis au soleil. Demain... demain, nous verrons bien.

dimanche 17 avril 2016

Conversation de Cinq Ans

Les bouches pleines de radis et navets crus, Le Môme et La Mioche discutent...

- C'est toi qui a fait ça ? en montrant un tableau de la mioche.
- Oui, ça c'est un sternatozoïde avec une queue et un bouquet, et c'est une reprentation de l'ovule.
- Moi pour mon modèle, j'ai mélangé du jaune et du rouge et j'ai fait la bouche du bonhomme.


jeudi 14 avril 2016

Le fortin du bon sens

Il est des gens dont il faut reconnaitre la présence d'esprit et la régulière justesse du propos. C'est comme ça, il y a des gens, quand ils l'ouvrent, il faut tendre l'oreille, et ne pas négliger leurs alarmes et leurs questions. Et ça demande de la fermer de temps à autre, histoire de préserver le rapport signal/bruit.

En instruction en famille (IEF), ça permet notamment de trouver par soi-même et par avance des outils et des solutions pour répondre à des problématiques qui pourront se présenter au moment où on est le moins apte à réfléchir /où on a le moins de temps pour agir. Dans le positif (une période sensible de l'enfant là maintenant tout de suite demain c'est trop tard) comme dans le négatif (face à un inspecteur de l'éducation nationale retors et pointilleux).

Des gens comme ça, qui ne se réclament d'aucune obédience alternative, mais qui abattent un travail colossal dans l'application pratique et expérimentale, c'est précieux. On ne les voit pas hurler à la bienveillance ou à la liberté due. On ne les lit pas pourfendre le Faux Juste et le Mauvais Milieu. Bah non, ils sont juste là, au beau milieu de la place, à nous faire profiter de ce qui se trame sous leur scalp.

Quand je doute, quand je m'égare un tantinet sur une route fumeuse, c'est leur bon sens, et leurs deux pieds sur terre qui me conforte dans mes choix ou me font percuter la connerie. Ça marche en IEF, dans les relations sociales et professionnelles, dans la résilience de mon foyer, de mon hameau, au jardin potager, en alimentaire mon cher Watson, ...

Sur les remparts du fortin du bon sens, ils sont des veilleurs. L'avantage avec ces veilleurs, c'est que ça peut être soi aussi. Il suffit d'un peu de bon sens...



Au prochain épisode du fortin du bon sens, les satellites. Ou les OVNI, on verra.


samedi 9 avril 2016

Quand la nature inspire les écrivains

d'Élisabeth Combres, aux éditions Plume de Carotte

http://www.plumedecarotte.com/beaux-livres/quand-la-nature-inspire-les-ecrivains.html

Quarante huit écrivains, quarante neuf puisque j'y découvre Élisabeth Combes, une ressource formidable pour notre plan de travail en littérature pour les dix prochaines années. 

C'est un livre au parfum rare. Littéralement. Quand j'ai ouvert cet ouvrage lourd et épais au format peu ordinaire, l'odeur du papier et de l'encre ont provoqué chez moi la même ivresse que procure l'odeur des vieux livres de poches aux pages jaunies. J'étais déjà ailleurs quand j'ai débuté l'introduction . Une introduction d'une quinzaine de pages qui retrace l'histoire naturelle de la littérature. Une intro qui te fait dire : mais bordel, pourquoi on ne nous a pas présenté la littérature comme ça en sixième !

Les aquarelles de Titwane parsèment l'ouvrage comme autant de fleurs sauvages et délicates au détour d'un sentier montagnard.  

Savourant chaque portrait et les extraits qui l'accompagnent (et relisant entre temps quelques titres des écrivains présentés), je ne suis parvenue qu'à la moitié de ce livre... que je souhaitais vous présenter au début du mois de mars. Je coupe donc court à la souffrance de mon brouillon et vous livre ma critique inachevée.