mardi 31 janvier 2017

Pensée du jour...

Si on prend la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, il n'est jamais écrit que si les parents sont prioritaires dans les choix éducatifs, l'état soit désengagé de ses responsabilités dans le cas où les parents assument l'instruction. Pareil dans la législation française.

lundi 30 janvier 2017

[Service publique / EN] Service d'assistance pédagogique à domicile

http://www.esen.education.fr/?id=79&a=83&cHash=22a8990068


SAPAD : service d'assistance pédagogique à domicile

C'est un service mis en place dans chaque département par l'éducation nationale, sous la présidence de l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale (IA-DASEN), souvent en partenariat avec une association (principalement l'association des Pupilles de l'enseignement public - PEP, ou encore  l'association pour adultes et jeunes handicapés - APAJH).
Ses missions
  • Assurer la continuité de la scolarité, permettre à tout élève malade ou victime d'un accident de poursuivre, pendant une absence temporaire, les apprentissages scolaires fondamentaux, avec un soutien de proximité tenant compte de son état de santé et facilitant sa réintégration ;
  • mettre les élèves face à des exigences scolaires dans une perspective dynamique, même s'il ne s'agit pas de proposer des activités de classe reproduites à l'identique ;
  • maintenir le lien avec l'établissement scolaire et ses camarades de classe afin de favoriser la reprise de l'activité scolaire en cas de retour.
L'objectif n'est pas d'assurer l'intégralité du programme, mais d'éviter une rupture de scolarité, l'échec, le redoublement, etc. Il ne s'agit pas non plus d'un service de soutien scolaire.

Pour qui ?
Pour tout élève scolarisé à l'école élémentaire, au collège, au lycée (y compris les classes post bac), dont la scolarité est interrompue momentanément ou durablement, pour des raisons médicales (maladie, accident, handicap), pour une période supérieure à 2 semaines, hors congés scolaires.

Par qui ?
Par des enseignants volontaires de l'éducation nationale :
  • missionnés par l'éducation nationale ;
  • en activité.
Les enseignants sollicités sont en priorité ceux de l'élève. Rémunérés en Heures Supplémentaires Effectives (HSE), ils interviennent en dehors de leur temps de service. Les autres enseignants de l'établissement ou ceux d'un autre EPLE peuvent être sollicités en cas de besoin.
Il est souvent rappelé par les IA-DASEN que c'est au sein de l'établissement de l'élève que tout doit être mis en œuvre pour atteindre ces objectifs, notamment en application des circulaires de rentrée qui prévoient que chaque établissement doit apporter des réponses adaptées pour remédier aux difficultés scolaires des élèves en fonction de leur gravité. Pour favoriser la mise en œuvre du dispositif, il peut être profitable de programmer régulièrement une réunion de l'équipe éducative avec pour objectif l'évaluation de la situation (nature de l'aide, fréquence, intervenants...).

Comment ?
Les interventions sont définies par le projet d'accueil individualisé (consulter la fiche PAI) prévoyant une assistance à domicile. Ce projet individualisé, défini par le coordonnateur du dispositif, la famille, l'établissement scolaire d'origine et les médecins, s'adapte au parcours de santé de l'élève. Le rythme des interventions des enseignants et du travail scolaire s'adapte aux contraintes et à l'évolution de l'état de santé de l'élève. Une quotité horaire annuelle est fixée dans le projet (parfois, elle est trimestrielle avec possibilité de renouvellement). Des prêts de matériels (livres, ordinateurs, etc.) sont aussi parfois mis en place. L'utilisation du livret de compétences facilite le suivi pédagogique de l'élève dans le cas où les interlocuteurs se succèdent dans le temps.

Où ?
L'intervention se fait sur le lieu de résidence de l'élève ou son lieu d'hospitalisation. En effet, la notion de domicile est à comprendre comme étant le lieu où se trouve l'élève malade. Il peut s'agir du domicile familial, de l'hôpital, du centre de soins, de l'établissement scolaire et ce, durant ou en dehors des heures scolaires. Lors d'une interruption de scolarité de courte ou de moyenne durée, le numérique permet de conserver un lien avec la classe. Cela peut se faire grâce à un Espace Numérique de Travail (ENT), au cahier de texte numérique de la classe ou encore à la numérisation de documents et traces écrites d'élèves transmis par courriel.

Quelles démarches pour en bénéficier ?
Toute personne ayant connaissance de la situation de rupture scolaire d'un élève peut demander l'assistance pédagogique à domicile, à savoir : la famille, l'établissement scolaire, les services médicaux, les services sociaux, … Le chef d'établissement ou la famille saisit l'IA-DASEN. Le médecin conseiller technique de l'IA-DASEN ou le médecin scolaire de l'établissement fréquenté par l'élève, au vu du certificat médical du médecin traitant, précise si l'état de santé de l'enfant lui permet de bénéficier ou non du SAPAD. C'est à ce moment-là que le PAI est rédigé conjointement par le médecin de l'éducation nationale, l'infirmière et l'équipe pédagogique.

Quel coût ?
Le service est gratuit pour les familles. La gratuité repose sur le principe de la continuité du service public d'éducation.

jeudi 26 janvier 2017

Steiner, le mot a été lâché... Oui, mais quoi ?

Après observation de la Mioche et courte discussion hautement instructive avec Monique du Chant des Fées sur les enfants précoces, j'ai décidé en septembre (ou avant) que nous aborderions cette année d'instruction en nous inspirant de la pédagogie Steiner-Waldorf. Constatation : cette pédagogie permet au cerveau assoiffé de la Mioche d'être abreuvé, sans pour autant répondre à son besoin de savoirs par une fuite en avant aux effets délétères à long terme. 

Les enseignements fondamentaux sont donc répartis en bloc d'étude sur l'année (attention, on parle de connaissances fondamentales, pas de thématiques, la finesse du curriculum Steiner se situe là).

Avant de reprendre les travaux d'écriture, nous avons donc travaillé le dessin de forme durant deux semaines. Ligne, point, arc, cercle, ovoïde, vagues, bol, polygones, quadrilatères, triangles...

Chez nous, le premier effet kisskool de la réintroduction des leçons se fait toujours remarquer  : plus d'errances ou de ces moments inconsistants où la mauvaise humeur gagne faute d'organisation cognitive. Tara vit en Gris Arc-en-ciel, non pas qu'elle ne sache se poser d'elle-même pour se construire un savoir-faire (le questionnement d'une copine unscho qui s'interrogeait sur "le système" mis en place) mais elle a besoin en plus de ses apprentissages informelles de défis à relever.

Le dessin de forme

Tara utilisait au début (septembre) de mauvais crayons de cire pour le dessin. Bon, ça faisait le job, hein, m'enfin, le rendu était peu satisfaisant, et de simples crayons de couleur ont fini par les remplacer. Pour le second bloc de dessin, j'ai mis à sa disposition ma palette de craies "carrés Conté", et un beau carnet de papier Kraft. Alors voilà, quand on veut un beau dessin, il faut de belles matières !
Après quelques tâtonnements dans le premier bloc sur le support à utiliser pour présenter les formes,  j'ai fini par utiliser des cartes découpées dans du Canson noir. Cartes sur lesquelles sont tracées les formes (au carré Conté donc), et que j'offre comme une surprise chaque jour (une par jour travaillé pendant deux semaines). Nous avons aussi épinglé au mur nos cartes favorites.

Dans notre premier bloc (deux semaines), nous avons vu des formes simples, ouvertes ou fermées, que Tara utilisait ensuite d'elle-même dans ses dessins libres.

Dans le second bloc de dessin (mais le troisième bloc d'étude, en début d'hiver), nous avons dessiné des échos et des métamorphoses, avec alternances et dégradés de couleur. C'est un travail de précision qui a fait beaucoup de bien à la petite : réfléchir son geste, penser son mouvement, la destination finale du trait.

La lecture et l'écriture

Nous avons repris en octobre là où la petite s'était arrêté en juin, et après un court travail sur des petites phrases très simples et de nouvelles syllabes, elle a enfin pu ouvrir La clé des champs de Jacqueline Buisson. Elle réalise ainsi réellement le fait qu'une page imprimée lui apporte le sens d'une historiette, elle peut sentir cette vérité, et non plus seulement la supposer. Nous avons avancé très doucement, parfois une seule ligne par jour, mais toujours en s'imprégnant totalement du sens du texte, simple, poétique, et très proche de ce que vit Tara. Et elle a rencontré Maurice Carême dans sa première poésie apprise par cœur. On pourrait même dire apprise avec le cœur, par la joie que lui a apporté Mon petit chat. Beaucoup de fou rire aussi, parce que notre chat se régale avec des abricots secs et vole sans vergogne des bouts de biscuit.
Elle a peu écrit, mais le travail a été à chaque fois consciencieux.

Après une période de pause, nous reprenons La clé des champs avec cette fois encore des histoires qui touchent Tara dans ce qu'elle observe au quotidien, poules et coq. Oui, parce que nous avons maintenant un petit poulailler. Nous commençons l'apprentissage d'une seconde poésie, qui tient bien plus de la comptine, et que nous récitons à deux voix. 

Les nombres

Tara a avancé à petits pas dans les fichiers CP du GRIP, en leçon secondaire à la mode Steiner, la numération de 0 à 9 et la géométrie au CP. Pas de prise de tête, on donne le temps au temps.

Le conte

C'est à travers le conte que l'enfant va découvrir et lire le monde qui l'entoure. Le conte donne les clefs du Bon et du Mauvais, du Blanc et du Noir, mais aussi du Rouge et du Gris, le conte présente les paysages qui peuvent être ceux de notre campagne comme ceux des rêves de l'autre côté de la Terre. Le conte va amorcer une conscience historique, avec des grands-mères et des fils, avec des il y a très longtemps, et des il était une fois, des un jour. Le conte amène à la lecture des cartes des étoiles, il amène à la plantation des semis, à la construction géométrique d'un pays de papier et de carton. Le conte amène l'enfant à la réflexion philosophique. Le conte repose aussi.
Qu'avons nous lu ? Des légendes du Soleil, de la Lune et des étoiles, des contes et légendes celtiques, d'Amérique du Sud, des contes de Grimm, Harry Potter à l'école des sorciers, des contes de Perrault, l'histoire des Turlutins, des contes d'Andersen, des classiques du Père Castor...

Le corps et la musique

Les cours de danse classique ont repris fin septembre. La professeur est fantastique, dans sa méthode, sa passion, son amour des enfants, dans le respect du rythme et de la croissance des fillettes.  

***

Nous sommes déjà à la fin du mois de janvier, l'anniversaire des 6 ans de la Mioche est passé, et petit à petit nous pourrons observer les premiers frémissements de Dame Nature et le lent réveil de la Forêt. Je réfléchis donc, puisque nous sommes donc entrées dans un bloc "Lettres", à la pertinence du bloc suivant.


mercredi 25 janvier 2017

L'enthousiasme

Ceci est un vieux brouillon surement inachevé. Je le publie aujourd'hui tel quel, nous verrons bien si un jour j'écris la suite ! 
 

J'étais en train d'écrire un billet technique et pratique quand la question de l'enthousiasme est venue me chatouiller.

Je ne l'entend plus, cet enthousiasme, comme un élan créateur, une pulsation naturelle, qui part des tréfonds de l'enfant pour le soulever jusqu'à l'apprentissage autonome. Une glace à la fraise suscite de l'enthousiasme.
C'est donc pour moi autre chose qui pousse le mioche morveux, gigoteux et braillard à s'imprégner de son environnement pour se construire. Un truc qui doit tenir de l'instinct de survie d'abord. Froid-protection-faim. Dans cet ordre. Parler-marcher, le mioche, il le fait d'instinct pour SA PROTECTION. Genre la base du Self-défense. Parler-marcher-mâcher, le mioche le fait parce que ça fait parti des besoins vitaux.

Il n'y a pas d'enthousiasme là-dedans. C'est l'instinct animal de la survie. Les comparaisons avec ce qui suit dans la vie du petit bout d'homme n'ont donc rien à voir avec cet instinct de réponse aux besoins VITAUX.

Ce qui suit dans la vie du petit d'homme ? Le reste des fondamentaux, le jeu et la relation sociale, et de là, la naissance de l'intérêt pour tout le savoir-faire humain. Genre "Purée ils m'ont refourgué un super cadeau Bonux pour m'aider dans ma tâche première, survivre !"

Pour moi, on ne peut pas comparer l'apprentissage de la marche et celui du langage avec celui de l'écrit, des mathématiques, de l'histoire, des sciences, de la philosophie, de la géographie... Tout ce que l'homme a pu se créer dans le but de mieux (sur)vivre* dans son espace.






* Ouais, repiquée à un certain David Manise ;-)

La reprise

Nous avons repris notre souffle, parce que l'organisation familiale a encore évolué*, parce que Tara travaille "à la soupape", par cycle. Après chaque période de leçons quotidiennes, s'ensuit un temps où l'acquis mijote, bouillonne, s'apprivoise et se régurgite. Ce sont des cycles qu'on peut maintenant percevoir puisque de plus en plus courts.
Je vais essayer d'expliquer un peu mieux mon observation. Depuis toute petite, Tara alterne les périodes où elle demande un guide, et les périodes autonomes. Je vois maintenant que les vagues étaient alors longues et lentes, et qu'aujourd'hui, les cycles augmentent en fréquence (et en intensité).
Est-ce un signe Tara va bientôt passer à un autre rythme de travail, une respiration différente ? Est-ce que ça pourrait être une observation de cette "crise" des 6 ans dont on parle en pédagogie Steiner** ?
Il est certain qu'elle, après un automne relativement calme et un début d'hiver chamboulé, entre dans une phase nouvelle.
J'ai accompagné ce passage avec des périodes de leçons donc, où nous avons découvert le dessin de forme, un enseignement phare de la pédagogie Waldorf Steiner***. Et j'ai pu, une nouvelle fois, constater que la petite s'épanouit dans cette organisation un peu particulière, dans cette façon d'aborder les savoirs fondamentaux à travers l'art et la littérature.

J'aime beaucoup cette approche du petit soi dans le tout (on s'en fout que le tout soit grand, puisqu'il est tout). L'enfant se découvre en même temps qu'il prend sa place, et comprend sa place dans sa société. Monique Chant des fées qualifie cette pédagogie de profondément humaniste. Et c'est aussi mon opinion. On peut dire de Steiner qu'il était barré. Ben ouais, allez vivre au début du vingtième siècle, on en a eu une tripoté, de barrés ! Mais de ce foisonnement d'idées, de définitions, de visions de l'organisation du monde ressort l'idée que l'enfant doit grandir sur un terreau culturel fertile, et non un monceau de fariboles extravagantes, individualistes et liberticides (je parle ici du libre arbitre). C'est ce qui m'intéresse. C'est à l'enfant de choisir s'il souhaite être, parmi nous tous, une ancre ou un satellite, un veilleur sur le fortin ou une comète. Mais pour cela, pour avoir le choix,  il doit posséder entièrement les capacités d'être une ancre, un satellite, un veilleur, une comète. Il doit posséder le bagage culturel nécessaire, et il est tout à fait normal qu'au fil du temps, au fil des siècles, ce bagage se fasse plus lourd, plus volumineux, puisque l'Homme acquiert de l'expérience. On remarque ci et là que l'enfant d'aujourd'hui s'adapte parfaitement aux nouvelles technologies. N'est-ce pas parce qu'il a en lui la capacité de faire sien tout ce bagage culturel plutôt que l'appartenance à une pseudo génération connectée ? Ne nous trompons nous pas de filtre quand nous observons nos enfants ?

J'écrivais aujourd'hui que ma fille avait besoin d'un professeur qui soit aussi un artiste. Elle possède une sensibilité artistique et technologique, une capacité d'adaptation naturelle et une grande conscience de son individualité (elle n'a jamais voulu de surnom). Elle aime le vivant, et nous découvrons qu'il y a dans la pédagogie Steiner les clefs dont elle a besoin pour s'exprimer et élargir son horizon (et non pas empiler simplement les connaissances les unes sur les autres). Elle habite ainsi son univers, et ne le subit pas. Le dessin de forme est par exemple un langage qui permet à Tara de structurer sa pensée. Elle affronte ainsi mieux l'inconstance (l'inconsistance ?) de son père.

Si vous imaginez la pédagogie Steiner comme une file de petits lutins arc-en-ciel, alors, c'est que vous avez oublié de lire l'article en dessous de la photo. Le lutin est ici accessoire, le fond, c'est le rythme, c'est la reconnaissance de l'art comme étant inhérente à notre nature d'humain (d'ailleurs, les états totalitaires contrôlent l'art), c'est la transmission du savoir-faire et des savoirs fondamentaux. L'art comme l'aboutissement de la technique, à la fois but et moyen.

Nous avons ainsi repris notre souffle, et nous entamons une nouvelle période de leçons.


* Et elle évoluera certainement encore dans les semaines à venir, puisque le père de mon enfant semble retomber dans les travers qui ont causé le dernier pétage de plomb en date.

** Bouh ! Héhéhé, heureuse d'en avoir fait bondir quelques uns... Oui, je suis une peau de vache.

*** Bouh ! Héhéhé, êtes-vous toujours là ?